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Histoire des villages engloutis
Les villages de Mille Roches, Moulinette, Wales, Dickinson’s Landing, Farran’s Point, et Aultsville ainsi que les hameaux de Maple Grove, de Santa Cruz et de Woodlands étaient tous indiqués sur la carte de l’est ontarien avant le 1er juillet 1958, jour de l’inondation. On déplaça plus de 6 500 habitants. On a déménagé 530 édifices avec de la machinerie spécialisée et on a détruit maisons, églises, écoles et entreprises commerciales. On a créé les deux nouveaux villages de Long Sault et d’Ingleside et on s’attendait à ce que les gens redémarrent leur vie dans ces communautés et les environs. Une façon de vivre qui s’était développée depuis les colonies de Loyalistes jusqu’à ces collectivités bourdonnantes d’activités de l’après-guerre est disparue à jamais. Amis et voisins de longue date se sont retrouvés incapables de se voir de façon quotidienne. Plusieurs commerçants n’ont pu faire la transition afin de se rétablir dans les nouveaux villages. Les enfants ont été obligés de changer d’écoles et de se faire de nouveaux amis. Les gens ont dû se joindre à de nouvelles paroisses. Leur vie venait de changer pour toujours.
Toutes ces pertes sont dûes à la construction de la Voie maritime du Saint-Laurent et du Barrage hydro-électrique Moses-Saunders. Ce projet fut le fruit d’une collaboration canado-américaine qui a combiné l’expansion du fleuve pour le transport fluvial et son exploitation en vue de produire de l’électricité. La construction a débuté le 10 août 1954. le 1er juillet 1958, on a modifié le paysage séculaire alors que l’on commença l’inondation des terres qui, désormais, formeraient le Lac Saint-Laurent. Le tout fut accueilli avec des sentiments troublés. On avait dit aux habitants des villages et des hameaux de la région que ce projet allait améliorer leur vie ainsi que l’avenir de leurs enfants. Toutefois, alors qu’ils s’apprêtaient à déménager, ils réalisèrent ce qu’ils venaient de perdre.
Historique de la Société
C’est vers la fin des années ’70 qu’est née la “Lost Villages Historical Society” alors que plusieurs anciens résidents des six villages engloutis et des trois hameaux commencèrent à réaliser que ce chapître d’histoire locale serait oublié si on ne voyait pas à le préserver. La force directrice derrière cette initiative fut Fran Laflamme, une enseignante locale de même que bibliothécaire et historienne. Avec les Stuarts, les Hickeys, les Brownells, les Snetsingers, Winifred Murdock et Les Wismer qui s’engagèrent avec elle dans ce projet, on verrait à conserver l’honneur de ces villages et hameaux qui dorment sous les eaux du Saint-Laurent.
Le musée qui est situé au Parc Ault près de Long Sault se veut être un recul dans le temps jusqu’à l’époque d’avant l’inondation. Les édifices patrimoniaux du Musée sont disposés pour ressembler à un village du temps et pour nous permettre de jeter un coup d’oeil sur la vie des gens avant la construction de la Voie maritime du Saint-Laurent. Le site comprend un magasin général, une maison en bois rond, un salon de barbier, une école de rang, une boutique de forges, un crib à maïs, une gare et une église qui sont ouverts au public.
Les anciens résidents de ces communautés ainsi que leurs descendants sont dans l’impossibilité de retourner “chez eux”. Toutefois, nous espérons que notre musée puisse leur rendre hommage à travers les b tisses et les artefacts que la Société continue de collectionner. Notre mission est d’informer le public sur cete partie de la petite histoire locale qui s’est envolée mais qui reste dans nos mémoires.
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